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Sous la juridiction du Patriarche melkite grec catholique, Sa Béatitude Maximos V, l'Église
Melkite Grecque Catholique située au Proche-Orient, est maintenant aussi en située
Afrique, en Europe, en Amérique et en Australie.
L'Église compte environ (2 000 000) deux millions de fidèles dont 1 300
000 en Amérique du Nord et du Sud.
(Voir statistiques plus bas)
Leur langue d'origine est l'Arabe.
Leur langue liturgique est principalement l'Arabe, partiellement le grec ainsi que la
langue vernaculaire.
L'Église melkite grecque catholique comprend le patriarcat et quatorze
archidiocèses. Les catholiques du Proche-Orient sont en plus grande partie des
catholiques de rites orientaux.
L'Église catholique, établie par le Christ en Palestine, s'est étendue
aux autres régions du monde.
Dans l'Église catholique, aujourd'hui, il y a cinq rites majeurs:
le rite latin de Rome
le rite byzantin de Constantinople
le rite copte d'Alexandrie
le rite syriaque d'Antioche
le rite arménien de Cilicie
L'universalité dans l'Église, comme le coeur de Dieu, comprend tous les
humains acceptant leur langue et leur culture et leur permettant ainsi l'expression
de leur foi dans la diversité des rites.
Unité et diversité
"L'unité est essentielle, la liberté n'est pas essentielle, et la charité en
toutes choses." saint Augustin
Un rite est une manière d'exprimer liturgiquement sa foi. C'est une
manière dans laquelle s'exprime le culte liturgique.
Différents rites se sont développés au cours de l'histoire de
l'Église, donnant au culte des formes liturgiques, des formes et des usages particuliers
et propres à la nature du culte lui-même et à la culture de la foi dans des
circonstances variées de temps et de lieu.
Ainsi, il y a eu un développement depuis les temps apostoliques dans les
prières et dans les cérémonies de la Divine Liturgie (la messe), l'administration des
sacrements et la récitation de l'Office Divin. Plusieurs rites orientaux ont maintenu et
préservé la dignité et la beauté de l'Église primitive.
Ce rite était propre à l'Église de Constantinople. Il est basé sur le
rite de saint Jacques de Jérusalem et des Églises d'Antioche, et, fut réformé par
saint Basile et saint Jean Chrysostome.
Le rite byzantin est en usage dans les liturgies grecques melkites,
russes, ruthéniennes, ukréniennes, et aussi albaniennes, hongroises, biélo-russes,
slaves, bulgares et par d'autres groupes raciaux.
Il est maintenant en usage dans la majorité des Églises catholiques
orientales et dans l'Église orthodoxe orientale, laquelle n'est pas unie à Rome.
Après le rite latin de Rome, c'est le rite le plus répandu dans la
chrétienté.
Le grec, la langue de Constantinople, était la langue de tous les
catholiques pour les premiers deux ou trois cents ans après les Apôtres.
Plus tard, le
latin fut adopté comme langue officielle par le rite latin de Rome. La politique du rite
byzantin fut d'utiliser la langue du pays lui-même.
L’ Église Melchite1
Catholique est la branche de l’Église Byzantine répandue en Orient. Elle compte
actuellement 2 000 000 fidèles dont 700 000 en Syrie, au Liban, en Egypte, en
Palestine, en Jordanie en Iraq, et 1 350 000 émigrés surtout dans le
Nouveau-Monde. En tant que catholique, elle reconnaît l’autorité du Souverain
Pontife de Rome, mais elle relève, pour ce qui regarde la liturgie, la
discipline et le gouvernement intérieur, de l’autorité d’un Patriarche qui porte
le titre de Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, d’Alexandrie et de
Jérusalem. La hiérarchie de l’Église Melchite compte environ un trentaine
d’évêques résidentiels dans une trentaine de diocèses, de nombreux prêtres entre
clergé séculier et régulier et mariés, desservant plus de 400 paroisses ou
s’occupant de diverses œuvres.
L’ Église Melkite est l’héritière
légitime du Siège Apostolique d’Antioche fondé par saint Pierre. L’épithète de
melchite, qui signifie royaliste lui a été donnée au VIe siècle par
les Monophysites d’Égypte au moment des dissensions christologiques qui
divisèrent l’Orient après le Concile de Chalcédoine. Ce sobriquet devait
stigmatiser, aux yeux des hérétiques, sa foi catholique défendue par l’empereur
de Byzance.
La liturgie primitive de l’Église
Melkite est celle d’Antioche enrichie par des apports de Césarée de Cappadoce,
puis élaborée définitivement par Byzance, elle s est appelée byzantine. Les
Patriarcats melkites l’adoptèrent progressivement assez tôt.
La liturgie byzantine est
actuellement pratiquée par presque 200 millions de fidèles répandus surtout dans
le monde hellénique et slave. La langue en usage dans cette liturgie, en général
la langue populaire, et quelques rares particularités rituelles divisent
l’Église byzantine en plusieurs Églises nationales, russe, roumaine,
ukrainienne, hellène, melkite, dans lesquelles nous trouvons toujours deux
branches, l’une catholique et unie à Rome l’autre orthodoxe ou schismatique et
ne reconnaissant pas l’autorité du Souverain Pontife de Rome.
Les différences notables se
rencontrent dans la célébration de la messe et l’administration des sacrements
entre l’Église Latine et l’Église Byzantine. Nous nous contenterons de celles
qui regardent la Sainte Messe :
-
1. Usage du pain fermenté. -
-
2. Absence de couleurs
liturgiques déterminées. -
-
3. Communion des fidèles sous les
Deux Espèces. -
-
4. Grande part du diacre dans le
service divin. -
-
5. Participation constante des
fidèles à la Liturgie, de sorte que la Messe est un dialogue entre le prêtre
ou le diacre et l’assistance.
La Divine Liturgie débute par la
préparation de la matière du sacrifice, le pain et le vin, sur un autel latéral,
appelé prothèse. La messe proprement dite comprend deux parties principales, la
liturgie des catéchumènes et celle des fidèles. La première, ainsi nommée parce
que dans les premiers siècles de l’Église, les catéchumènes et les pénitents
pouvaient y assister avec les fidèles, va jusqu’à l’oblation exclusivement. La
seconde, à laquelle ne participaient que les baptisés admis à la communion, va
de l’oblation à la fin. La liturgie des catéchumènes commence par des
exhortations du diacre à prier pour diverses intentions, la paix du monde, le
salut des âmes, l’évêque du lieu, les gouvernants, les voyageurs, les malades,
etc. Elle se termine par des antiennes tirées de la Sainte Écriture. Suivent la
procession avec le livre des Évangiles, le chant du propre du jour, l’Épître,
l’Évangile, puis de nouveau, des exhortations diaconales.
La liturgie des fidèles comprend
l’oblation ou offertoire, l’anaphore ou Canon et la communion. L’oblation se
compose d’une double prière pour les fidèles, du chant du Chéroubikon ou
offertoire, de la procession des oblats transportés solennellement de la
prothèse à l’autel, d’une seconde offrande du pain et du vin déposés sur
l’autel, de diverses demandes formulées par le diacre ; elle se termine par le
baiser de paix et le symbole.
L’anaphore comprend : la préface,
l’Aghios ou le Sanctus, la Consécration, l’Anamnèse, l’offrande du Corps et du
Sang du Seigneur, l’Épiclèse, la mémoire des Saints, des vivants et des morts.
Elle se termine par quelques prières et la réitération des demandes déjà
formulées par le diacre avant la Consécration, enfin l’Oraison dominicale.
La Communion est annoncée par
l’élévation, la fraction de l’Hostie dont une parcelle détachée est unie au
Précieux Sang. Pendant le chant du kinonikon, chant de communion, les ministres
sacrés récitent les prières préparatoires et communient. Les Saints Mystères
sont ensuite distribués aux fidèles. Suivent les prières d’action de grâces et
le renvoi du peuple.
1
Melchite ou Melkite
Larges extraits d'une Synthèse de Mgr Joseph Nasrallah, notre Exarque de
Paris, sur l'HISTOIRE de LÉGLISE MELCHITE des ORIGINES à NOS JOURS (publiée dans
Le Lien 2/82)
(Nous respectons ici lorthographe melchite de Mgr Nasrallah).
Contrairement aux autres églises orientales, catholiques ou non,
I'Église melchite n'est pas une Église nationale. C'est une Église particulière, dans
le sens canonique du mot, répandue dans tout le Proche-Orient arabe et dans une diaspora
qui prend de l'ampleur de plus en plus. Elle est l'héritière légitime des trois sièges
apostoliques d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem. Ses origines se confondent avec la
prédication de lÉvangile dans le monde gréco-romain de la Méditerranée
orientale et l'extension du Christianisme au-delà des limites de l'Empire. La formation
des patriarcats d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem, les premiers au concile de
Nicée (325), le troisième à Chalcédoine (451), I'ont façonnée et en ont fait une
entité territoriale et juridique.
LÉglise melchite doit son caractère d'Église particulière à
deux fidélités, celle à l' Empire de Byzance et celle aux sept premiers conciles
cuméniques. Elle ne prit son nom de Melchite cependant qu'à la fin du Ve siècle.
Ce sobriquet, inventé par ses détracteurs, les Monophysites, pour stigmatiser sa
fidélité à l'empereur (malka en syriaque) Marcien qui avait réuni le concile et au
concile de Chalcédoine, est le label de son orthodoxie envers la Cattolica.
De nos jours, au point de vue sociologique, I'Église melchite offre une
homogénéité ethnique étonnante: son patriarche, son épiscopat, son clergé tant
régulier que séculier, ses fidèles sont (surtout) arabes.
La conquête arabo-islamique du Vlle siècle fit passer en quelques
années l'aire des patriarcats melchites sous domination non chrétienne: Alexandrie,
Antioche et Jérusalem seront en Terre d' lslam jusqu 'à la domination ottomane de 1516.
À de rares exceptions, les chrétiens ne subiront pas de persécutions, mais un régime
de vexations, de sujétions; ils seront désormais des dimmis des protégés. Ils
assumeront avec résignation et courage leur nouveau rôle de témoins du Christ en Islam.
N'ayant plus de possibilité de jouer un rôle politique, les Melchites - comme d'ailleurs
les Jacobites et les Nestoriens - se tourneront vers les professions libérales, surtout
la médecine, et seront les artisans de la version en arabe de l'héritage philosophique,
médical et scientifique de la Grèce antique.
La reconquête byzantine de l'Antiochène ne dura qu'un siècle
(960-1085). Elle eut pour conséquence la byzantinisation de la liturgie des trois
patriarcats. L' adaptation des us et coutumes liturgiques de la Ville impériale sera à
peu près consommée à Antioche à la fin du XlIle siècle.
Mais ce que le halo, qui entourait le trône cuménique ne put
exécuter, c'est-à-dire entraîner lÉglise melchite dans le schisme, les Croisés
en préparèrent le terrain. En effet, des patriarches et des évêques latins
remplacèrent les hiérarques melchites (sauf à Alexandrie). L'Église locale fut soumise
à une Église étrangère. Une sorte d'estrangement s'établit entre les deux, sans que
la première, cependant, rompît ses relations avec Rome.
Le règne des Mameluks (1250-1516) ne mit pas seulement fin aux
possessions franques en Orient, mais fut une période cruciale pour les Communautés
chrétiennes: persécutions, destructions, massacres furent leur lot. Cest durant le
règne de ces esclaves couronnés que le christianisme accusa une forte régression; des
régions entières furent islamisées ou vidées de leur population. Cependant le petit
reste perpétua sa mission qui prit de plus en plus un caractère de témoignage et de
fidélité au Christ. Les confesseurs et les martyrs n'y manquèrent pas.
La conquête ottomane (1516-1918) ne fut pas plus clémente, du moins
jusqu'au XVlle siècle. Il y avait longtemps qu'on avait cessé de voir dans les
chrétiens des protégés, pour ne plus se souvenir que de leur qualité d'infidèles. Les
pachas avaient toute liberté d'action à l'égard de cette catégorie d'administrés,
privés de moyens légaux de protestation.
Désormais tout l'Orient dépendait d'une seule autorité, celle du
sultan. Ce dernier sut mettre à profit la situation. Constantinople deviendra non
seulement capitale politique dun immense empire, mais capitale religieuse de
l'Orient, comme Rome l'était pour l'Occident. Le patriarche cuménique fut appelé
à exercer une autorité sur les hiérarques melchites. Leur confirmation et parfois leur
élection dépendent désormais du Phanar. La hiérarchie d'Alexandrie et de Jérusalem
s'hellénisa complètement. A partir de 1534 jusqu'à nos jours, tous leurs sièges
épiscopaux furent attribués à des grecs. Les deux patriarcats se coupèrent ainsi de la
Cattolica pour embrasser le schisme. L'Hellénisme n'eut pas de prise sur Antioche dont
les patriarches étaient choisis dans le clergé indigène; ils conservèrent pour la
plupart des liens avec Rome. Le patriarcat profond ne varia pas dans sa croyance, même
lorsque l'un ou l'autre de ses hiérarques se trouva être plus favorable à
Constantinople qu'à Rome. Une Église n'est pas formée uniquement de son chef; elle
comprend aussi les évêques, le clergé et le peuple. Les fidèles portent en eux-mêmes
un sens de la vérité, un instinct sûr qui lui permet de la reconnaître. Parce que le
Pape Honorius pencha vers le monothélisme, eut-on jamais l'idée de déduire que
lÉgaies d'Occident embrassa cette hérésie?
L'échec de l'Union tentée à Florence servit de leçon à Rome.
L'établissement d'une communion formelle avec une Église orientale devait s'opérer par
la base et non par le sommet. Dans un premier stade, des missionnaires (Jésuites,
Capucins, Carmes, Franciscains) se mirent au service de la hiérarchie locale et
coopérèrent avec elle. Des pasteurs qui n'étaient pas en communion formelle avec Rome
encourageaient leurs ouailles à s'adresser aux missionnaires. Le peuple sentait la
nécessité d'une intelligence plus profonde de la foi traditionnelle qu'il vivait malgré
mille ans de répression. Il aspirait à la trouver auprès de religieux plus instruits
que son clergé. Des deux côtés, on était assuré de participer à une même foi.
Cependant, une fraction attirée par le renom de la culture occidentale et sa civilisation
prit en bloc ce que la latinité lui apportait. C'est ainsi qu'après quelques décennies
l'ont vit apparaître une nouvelle manière de concevoir la foi traditionnelle. Le
comportement de ces nouveaux catholiques fut considéré comme une trahison et une
mutation de la foi ancestrale par une fraction attachée à son passé. Ainsi la communion
dans la foi avec la Cattolica qui n'avait cessé de fleurir dans le patriarcat d'Antioche
fut mise en question et deux manières de la concevoir firent leur apparition. L'identité
antiochienne se perdit. Une fraction de ses fidèles pencha vers Byzance et devint plus
constantinopolitaine qu'antiochienne, et l'autre vers Rome avec une forme de relation plus
romaine que fidèle à la foi de l'Église locale. De sorte qu'à la mort du patriarche
Athanase en 1724, une double lignée de patriarches fut instaurée, I'une orthodoxe et
l'autre catholique. Elles durent jusqu'à nos jours.
Date fatidique que celle de 1724, deux hiérarchies parallèles, deux
communautés surs qui se déchirent sous l'il bienveillant des Turcs, qui
accordent le siège patriarcal et les évêchés aux plus offrants. Les martyrs et les
confesseurs ne manquèrent ni à l'une ni à l'autre. Deux routes divergentes et deux
destinées conduisaient désormais les deux Églises, la catholique et l'orthodoxe.
La première, puisque c'est d'elle que nous devons parler, (c.à.d.
I'Église Grecque-Melchite-Catholique), s'organisa intérieurement. De nouveaux Ordres
monastiques furent fondés, un clergé éduqué à Rome dispensait l'enseignement dans des
écoles nouvellement fondées. Un séminaire fut ouvert à Aïn Traz (1811 ). Malgré une
crise de croissance qui dura jusqu'à la fin du XVlIle siècle, due surtout à
l'antagonisme des nouvelles congrégations monastiques entre elles, I'Église melchite
trouva son équilibre, des conciles locaux la dotèrent d'une organisation solide et,
ainsi, elle s'étendit et se développa. La providence lui ménagea, au XlXe siècle, deux
grands patriarches: Maximos Mazloum (1833-1855) et Grégoire Joseph (1864-1 897 )
Trois ans après son élection, Mazloum perfectionna la législation
canonique de son Église (conciles d'Aïn Traz, 1835, et Jérusalem 1849). Il étendit sa
sollicitude au patriarcat d'Alexandrie, car fuyant les persécutions des orthodoxes, des
catholiques de Syrie et du Liban avaient émigré en Égypte. Mazloum leur sacra un
évêque, leur envoya des prêtres et dota les nouvelles paroisses d'églises et de
fondations charitables. Il fit de même pour le patriarcat de Jérusalem. Mais Mazloum est
surtout connu pour avoir été l'artisan de la reconnaissance par le sultan de
l'indépendance complète de son Église, tant au point de vue civil qu'au point de vue
ecclésiastique (1 848).
Le long patriarcat de Grégoire Joseph fut des plus glorieux et des plus
féconds. Durant 33 ans, mesurant ses actions à leurs conséquences possibles sur
l'uvre capitale de l'union des Églises, il travailla à réaliser son vaste plan de
restauration de son Église. Il voulut la réaliser dans le sens de la pure tradition
orientale. D'où sa position à Vatican I par laquelle il s'opposa à l'opportunité de la
proclamation des dogmes de la Primauté et de linfaillibilité du Pape dans le sens
qu'entendait la majorité des Pères. Il lutta contre le Protestantisme qui pénétrait en
force en Orient, en fondant les collèges patriarcaux de Beyrouth (1865), et de Damas
(1875). En 1866, il rouvrit le séminaire d'Aïm Traz, mais surtout fut à l'origine de
celui de Sainte-Anne de Jérusalem (1882). Il prit une grande part au Congrès
eucharistique célébré à Jérusalem en 1893. Ses suggestions ne furent pas étrangères
à l'élaboration de l'encyclique Orientalium Dignitas, véritable charte des Églises
orientales, par laquelle Léon XlIl ordonna le respect le plus absolu des droits des
patriarches et de la discipline orientale, corrigeant, sur plus d'un point, I'esprit de la
majorité des missionnaires latins.
Nous nous souvenons tous de la grande figure de Maximos IV (1947-1967) et
de son action à Vatican II. On a dit de lui avec raison qu'il a été l'un des Pères qui
firent le Concile. En effet, ce dernier lui doit maintes de ses orientations. Peut-être
que, eu égard au petit nombre de fidèles de son Église, sa hardiesse parut téméraire
à certains. Mais lui était conscient qu'il parlait au nom du frère absent de la grande
Église orthodoxe qui ne compte pas moins de deux cents millions de fidèles. Il puisait
sa force et son mordant dans la conception qu'il avait de son Église, pont entre Rome et
l'Orthodoxie. Depuis son élévation sur le trône patriarcal, son successeur, S B.
Maximos V Hakim (22 novembre 1967), chef actuel de lÉglise melchite, suit la
lancée de son prédécesseur, tout en prêtant une attention particulière au problème
de la Diaspora de son Église. Plus de la moitié de ses effectifs vit, en effet, en
dehors des limites imposées à notre Patriarcat.
J. Nasrallah, Exarque patriarcal, Paris
Ajoutons deux remarques à ce que dit Mgr Nasrallah
- La première concernant la part prise par nos fidèles
grecs-melkites-catholiques à la renaissance arabe au XlXe siècle.
"Les Melkites, dit l'Archimandrite Ignace Dick, dans son récent
article sur 'Grecs-Melkites-Catholiques: Identité et Mission', ont participé au XlXe s.
à la renaissance culturelle et nationale arabe. Les principaux écrivains melkites
catholiques furent Nassif Al Yazji et son fils Ibrahim, ainsi que le grand poète Khalil
Moutran, qui furent tous de première valeur. Le fondateur d'AI-Ahram, le plus grand
journal du Caire, est aussi un Melkite, Philippe Takla"...
- La seconde concernant deux soucis très actuels de notre Communauté et
surtout de S.B. notre Patriarche Maximos V depuis son élection au Patriarcat en novembre
1967: le clergé et les émigrés.
1. Dès son élection Maximos V a eu à faire face au problème du Grand
Séminaire Ste Anne de Jérusalem, fermé à nos élèves arabes, par l'occupation de la
Ville Sainte par Israël. Les Grands Séminaristes furent reçus momentanément au Couvent
des Pères Paulistes à Harissa, puis logés au foyer de Zouk, jusqu'au moment où le
grand projet de Raboueh fut achevé et inauguré en 1977. De plus, les vocations
sacerdotales étant plus nombreuses en Syrie qu'au Liban, S.8. fonda dès 1970 le Petit
Séminaire de Damas, confié d'abord au R.P. Elie Sargi, puis aux Rév. Pères Paulistes
de Harissa.
2. Constatant que l'émigration de nos fidèles vers des cieux plus
cléments que les nôtres ne cessait de se développer, S.B. Maximos V a consacré, dans
nos Synodes annuels, de longs moments à l'étude du problème de nos fidèles émigrés.
Plusieurs rapports ont été envoyés au St Siège dans ce but. Nous avons été compris
en haut lieu et le St Père, accédant à nos désirs et aux directives conciliaires, a
accepté la nomination de S.Exc. Mgr Spiridon Mattar, éparque du Brésil, il y a huit ans
et de S. Exc. Mgr Michel Hakim, il y a quatre ans, pour le Canada. De ce fait nous avons
déjà trois Diocèses dans l'émigration, celui des États-Unis étant plus ancien que
les autres; il avait été confié dès 1970 à S. Exc. Mgr Joseph Tawil.
S. B. Ie Patriarche et son St Synode portent maintenant leur regard vers
le reste de l'Amérique latine (Argentine, Mexique, Vénézuéla), où S. Exc. Mgr Pierre
Rai achève sa visite apostolique, et vers l'Australie dont S. Exc. Mgr Jean Mansour a
achevé la visite apostolique en octobre 1985.
Statistiques générales
(chiffres approximatifs)
Référence : Almanach Melkite grec catholique 1997
EN ORIENT :
| SYRIE |
FIDÈLES |
|
LIBAN |
FIDÈLES |
| Damas |
80 000 |
|
Baalbreck |
30 000 |
| Alep |
18 000 |
|
Beyrouth & Byblos |
200 000 |
| Basra & Hauran |
35 000 |
|
Panéas |
2 500 |
| Homs, Hama, Yabroud |
25 000 |
|
Saïda & Deir-El-Kamar |
60 000 |
| Lattakieh |
10 000 |
|
Tripoli |
8 000 |
| EGYPTE |
|
|
Tyr |
3 250 |
| Caire, Alexandrie, Soudan |
6 500 |
|
Fruzol, Zahlé, Bekaa |
120 000 |
| PALESTINE |
|
|
JORDANIE |
|
Jerusalem
St-Jean d'Acre, Haïfa,
Nazareth et Galilée |
3 350
54 100
|
|
Petra
Philadelphie (Amman) et
Transjordanie |
31 000 |
Total : |
231 950
|
|
Total : |
454 750
|
|
|
|
Total Orient: |
686 700
|
| PAYS |
FIDÈLES |
| BRÉSIL |
1 000 000 |
| ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE |
120 000 |
| CANADA |
36 000 |
| AUSTRALIE |
40 000 |
| MEXIQUE |
Familles 300 |
| VÉNÉZUÉLA |
50 000 |
| ARGENTINE |
100 000 |
| ROME |
? |
| FRANCE |
? |
| BELGIQUE |
? |
Total : |
1 346
300 |
| TOTAL Orient et Diaspora |
2 033 000 |
C'est le titre de l'Évêque qui, seulement au deuxième rang après le Pape
Benoît XVI, a le plus haut rang dans la hiérarchie de juridiction. Il est le
titulaire de l'un des Sièges Apostoliques.
Soumis seulement au Pape, un Patriarche de rite oriental est le chef de la hiérarchie
et des fidèles appartement à ce rite à travers le monde.
Les sièges patriarcaux sont dénommés ainsi à cause de leurs statuts spéciaux et de
leur dignité dans l'histoire de l'Église, et à cause de leur fondement Apostolique:
- Rome et Antioche par saint Pierre
- Constantinople par saint André
- Alexandrie par saint Marc
- Jérusalem par saint Jacques et par le Christ lui-mème
Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, l'Évêque de Rome, est le Patriarche de l'Occident
pour tous les fidèles du rite latin de Rome.
Sa Béatitude Gregorios III Laham est le Patriarche d'Antioche et de tout l'Orient,
d'Alexandrie et de Jérusalem pour tous les melkites grecs catholiques.
Son Église travaille à un siècle oecuménique comme un lien entre les catholiques
occidentaux et les orthodoxes orientaux.
Sa Béatitude Gregorios III Laham
Patriarche d'Antioche et de tout l' Orient, d'Alexandrie et de Jérusalem
Chef spirituel de l'Eglise Patriarcale Melkite Grecque Catholique.
Le vingt-et-unième dans la lignée des Patriarches melkites grecs catholiques depuis 1724:
1724-1759 Cyrille Vl Tanas
1759-1760 AthanaseIV Jawhar
1760-1761 Maximos II Hakim
1761-1788 Théodose V Dahan
1788-1794 Athanase IV Jawhar (2e fois)
1794-1796 Cyrille Vll Siage
1796-1812 Agapios II Matar
1812-1812 Ignace IV Sarrouf
1813-1813 Athanase V Matar
1813-1815 Macaire IV Tawil
1816-1833 Ignace V Cattan
1833-1855 Maximos lIl Mazloum
1856-1864 Clément Bahous
1864-1897 Grégoire II Youssef-Sayour
1898-1902 Pierre IV Géraigiry
1902-1916 Cyrille Vl l l Geha
1919-1925 Dimitrios I Cadi
1925-1947 Cyrille IX Moghabghab
1947-1967 Maximos IV Saïgh
1967-2001 Maximos V Hakim
2001-____ Gregorios III Laham
| Éparques |
Sacrés en |
Éparchies |
| Élias Zoghby |
1954 |
Éparque Émérite de Baalbeck (Liban) |
| Hilarion Capucci |
1965 |
Protosyncelle de Jérusalem (Israël) |
| Grégoire Haddad |
1965 |
Éparque Émérite de Beyrouth (Liban) |
| Saba Youakim |
1968 |
Éparque Émérite de Jordanie |
| Youssef Raya |
1968 |
Éparque Émérite de Galilée |
| Paul Antaki |
1968 |
Protosyncelle d'Alexandrie (Égypte) |
| Eiias Nejmeh |
1971 |
Éparque Émérite de Tripoli (Liban) |
| Maximos Salloum |
1975 |
Éparque Émérite de Galilée |
| Michel Hakim |
1977 |
Éparque Émérite de Montréal (Canada) |
| François Abou Mokh |
1978 |
Auxiliaire Patriarcal et Protosyncelle de Damas (Syrie) |
| Spiridon Mattar |
1978 |
Éparque Émérite de Sao Paulo (Brésil) |
| Jean Mansour |
1980 |
Auxiliaire Patriarcal |
| Michel Yatim |
1981 |
Éparque Émérite de Lattakieh (Liban) |
| Paul Borkhoche |
1983 |
Archevêque de Bosra et du Hauran (Syrie). |
| André Haddad |
1983 |
Archevêque de Zahié, Furzol et Bekaa (Liban) |
| John Adel Elya |
1986 |
Éparque de Newton (Etats-Unis d'Amérique) |
| Ibrahim Nehmé |
1986 |
Archevêque de Homs, Hama et Yabrud (Syrie) |
| Georges Riachi |
1987 |
Archevêque de Tripoli (Liban) |
| George Kwaiter |
1987 |
Archevêque de Sydon et de Deir-El-Kamar (L:iban) |
| Jean Haddad |
1988 |
Archevêque de Tyr (Liban) |
| Cyrille Butros |
1988 |
Archevêque de Baalbeck (Liban). |
| Nicholas J. Samra |
1989 |
Protosyncelle de Newton (États-Unis d'Amérique) |
| Antoine Hayek |
1990 |
Archevêque de Panéas et de Marjeyoun (Liban) |
| Pierre Moallem |
1990 |
Éparque Émérite de Sao-Paolo (Brésil) |
| Georges El Murr |
1992 |
Archevêque de Pétra, Philadelphie (Amman) (Transjordanie) |
| Isidore Battikha |
1992 |
Syncelle de Damas (Syrie) |
| Jean-Clément Jeanbart |
1995 |
Métropolite d'Alep (Syrie) |
| Fares Makaron |
1995 |
Archevêque du Lattakieh (Syrie) |
| Georges K. Zouhératy |
1995 |
Exarque Apostolique de Caracas (Vénézuéla) |
| Issam Darwish |
1996 |
Éparque de Sydney (Australie) |
| Ibrahim Ibrahim |
2003 |
Éparque de Montréal (Canada) |

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